ASSK – Episode 15

Cette semaine l’équipe de l’ ASSK revient sur les clubs à l’histoire et au parcours atypique sur la scène européennne.
Le Barça , Real , PSG , OM , Monaco , Arsenal, Chelsea… Qui a réalisé le meilleur mercato hivernal ?

LES ABONNES 07 – CREED 2 – Les Suites De Sagas – Séries De Années 90 Et 2000

ASSK – Episode 14

Henry out ? L’ASSK en parlait au début de semaine mais aussi de la situation de l’OM, de Lyon et des futures échéances du PSG en ligue des champions c’est à écouter ici.

The Walkam E07

The Walkam du mois de Janvier 2019:

  • Après 10 années de traversée du désert serait ce enfin le #RohffBack ?
  • On profite de la sortie de Creed 2 avec sa B.O monstrueuse pour revenir surles B.O de films, séries et mangas qui nous ont  le plus marqué.
  • De Fela à Hans Zimmer en passant par les dites « musiques du monde », on finit en beauté par le sujet du mois: les musiques qu’on aime bien écouter au travail.

ASSK – Episode 13

Un Boxing Day permettrait il de relancer la Ligue 1 ?

Mercato d’hiver: Tottenham zero recrutement et pourtant au top, Liverpool qui a fait son mercato hivernal en amont en préparant fabinho et naby Keita ,le  PSG à la recherche de son milieu défensif, où est l’attaquant de l’OM, ASM recrutement d’expérience.

Real Madrid quelle est la clé pour relancer la machine ? Le coach ? Le recrutement d’une star ? Renouveau total de l’effectif ?

LES ABONNES 06 – EPISODE SPÉCIALE FÊTES

Les Kameleons vous conseillent des films, séries et jeux-vidéo pour ces vacances de fêtes de fin d’année

 

ASSK 10 – Ballon d’or, Serie A, L1 et C1

L’ASS Kam est enfin de retour après quelques déboires techniques et nous en pleine forme:

  • Ballon d’or 2018, Modric vainceur logique ?
  • La Série A est elle enfin de retour au sommet ? De quoi ravir les enfants des 90’s que nous sommes.
  • Le bilan des clubs français en coupe d’europe.

LE WALKAM E06 – Joe Lucazz SCH Freddie Gibbs & les meilleurs albums de 98

 

les sorties RAP FR:

JOE LUCAZZ – Carbone 14
SCH – JVLUVS

Les sorties RAP US:

FETTI – ROMA
6LACK – East Atlanta Love letter
J.I.D – Dicaprio 2

Le sujet du mois:

SHURIK’N – D’ou je viens
Oxmo Puccino – Opera Puccino
Busta Flex – Busta Flex
Arsenik – Quelques gouttes suffisent
Ideal J – Le Combat Continue

Lauryn Hill – The miseducation of Lauryn Hill
Black Star – Mos Def and Talib Kweli are black star
Big Pun – Capital Punishment
Pete Rock – Soul Survivor
DMX – It’s dark and hell is hot 

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Que dit le fichage ethnique du PSG sur le foot et la France ?

Il y a deux semaines Mediapart révélait à travers leur enquête sur les Football Leaks que le PSG pratiquait un fichage ethnique lors du recrutement hors Ile-de-France (et en IDF aussi) des joueurs pour son centre de formation. Pour ma part je fus à la fois étonné mais pas surpris quand a surgit cette nouvelle affaire de discrimination dans le foot, je vous explique pourquoi.

Le foot et les questions raciales.

Si on ne prend que les 10 dernières années, on a eu successivement et rien qu’en France, d’abord en 2011 l’affaire dit des quotas en équipe de France. Impliquant notamment des cadres de la FFF ainsi que Laurent Blanc, champion du monde 1998 et sélectionneur de l’EDF à l’époque des faits, c’était déjà Mediapart qui relevait cette affaire, d’abord démenti dans un premier temps avant que le verbatim d’une réunion ne surgisse. Puis en 2014 les propos de Willy Sagnol, ancien international et entraineur des girondins de Bordeaux à ce moment, sur « les joueurs typiques africains ». Ces deux affaires ont été suivi de exactement… Aucune sanction, ni même de conséquence immédiate sur la carrière des personnes impliquées, vaguement quelques excuses du bout des lèvres et pire dans le cas des quotas le lanceur d’alerte a été laché par la fédération.
Alors quand je vous dis que je n’ai pas assez surpris c’est un euphémisme. On parle de discriminations sur des critères raciales, sans même parler du fait que cela soit choquant et de l’énorme injustice que cela représente pour les jeunes joueurs laissés de côté à cause de cette politique, les risques encourus à la fois juridiques, économiques et pour la réputation du club sont énormes. C’est finalement le peu de précaution pris par le PSG qui m’a le plus marqué. Comme l’a montré les affaires des quotas de la FFF et Sagnol, la discrimination touchant les minorités est un sujet qui mobilise assez peu que ce soit les intellectuels, les politiques en dehors des périodes électorales et le grand public. On a eu quelques timides indignations par-ci, des condamnations sans conviction par-là puis les affaires se sont tassées. Pourquoi le PSG s’emmerderait à mettre un système complexe de discrimination pour couvrir ses arrières alors que si ça se sait au mieux on aura une polémique digne d’une tempête dans un verre d’eau ? C’est la première conclusion à laquelle j’en suis venu.

La seconde est que finalement cette pratique est tellement répondue dans le football aujourd’hui que pour ceux qui l’ont mise en place c’était une chose tout à fait normale. Je n’ai pas eu à attendre longtemps avant que ma théorie soit validée notamment par ceux qui ont voulu venir à la rescousse du PSG. Pour Pierre Menes et Daniel Riolo, l’article de Mediapart qui « s’acharne » sur leur club de cœur, est avant tout le fruit de moldus méconnaissant le football professionnel.
Eux le savait déjà, tout le monde le fait, il n’y a pas d’affaire, circulez il n’y a rien à voir. Drôle de défense, et moi qui pensait qu’on parlait d’un sujet assez sérieux pour dépasser nos logiques partisanes de supporters de tel ou tel club ou nos intérêts personnels, trop naïf. La meilleure réponse leur est apporté ici par Michael Hajdenberg journaliste chez Médiapart. Cependant grâce à leurs interventions nous voilà fixé, la discrimination sur des critères raciales n’est pas l’apanage du PSG. On a d’un côté les campagnes de lutte contre le racisme des institutions du football et de l’autre les clubs ayant des politiques de recrutement raciste plus ou moins assumés, on nage totalement dans l’hypocrisie.

La France et les questions raciales.

Au premier abord on peut se demander pour quelles raisons un club qui cherche à être compétitif et former les meilleurs joueurs se priveraient de certains sur des critères extra sportives et par la même occasion s’handicape, ça n’a absolument aucun sens. Mais si on s’intéresse aux arguments avancés dans l’enquête de Mediapart, le PSG souhaite recruter des profils différents de la région parisienne où il y aurait trop de joueurs « africains et antillais ». Des joueurs considérés comme « grands costauds et puissants » inversement aux joueurs blancs plus technique et doté d’une « intelligence de jeu » là tu te dis c’est sérieux ? En 2018 ? Oui mais c’était déjà le cas en 2011 et 2014 dans la bouche de Blanc et Sagnol. Le second argument avancé est qu’avoir une équipe constituée de trop de « blacks » et de « gris » pouvait poser des problèmes de discipline sous-entendu qu’il faut injecter quelques blancs pour civiliser tout cela, en tout cas c’est comme cela que je l’ai compris.

Au moins au ballet de l’opéra de Paris le manque de diversité ne dérange pas.

Pour analyser tout cela je pense qu’il faut sortir du strict cadre du football et regarder la société dans laquelle cela s’inscrit. Le premier argument avancé sur le profil des joueurs noirs est un héritage direct des théories racistes sur laquelle se sont appuyées la traite atlantique puis la colonisation des pays africains. Le noir est considéré comme puissant physiquement, apte aux taches physiques mais doté d’une intelligence au mieux enfantine, c’est peu ou prou encore la vision encore dominante dans le football professionnel. Contre toute logique et des milliers de contre-exemple. Tellement ridicule que le profil de Yann Gboho, le joueur par qui le scandale est arrivé n’entre même pas dans ce cliché. Encore une fois rien d’étonnant comment un pays qui refuse tout débat sur ce passé, son héritage esclavagiste et colonial peut espérer dépasser cette pensée ? On n’en parle pas, ça n’existe pas, on continue la stratégie de l’autruche.

Le second argument, tout aussi pernicieux, est pour moi celui qui en dit le plus sur la France d’aujourd’hui. C’est quelque chose qu’on a tellement intériorisé depuis le plus jeune âge qu’on n’y prête même plus attention. Que ce soit la manière dont on est fiché, surveillé lors des sorties scolaires, les vigiles qui nous suivent dans les magasins, plus tard en grandissant les nombreux contrôles d’identité au faciès subis à l’adolescence et en tant qu’adulte ou encore comment toute tentative d’organisation au sein des différentes communautés qui s’estiment discriminées est aujourd’hui diabolisée comme ça été le cas avec les polémiques sur le camp d’été décoloniale, l’association Lallab ou le CICF . La présence des personnes racisées dans l’espace publique est perçue comme une menace qui est presque criminalisée dans le pays qui se targue d’être celui des droits de l’homme.

En dehors du football les cas de discriminations sur des critères raciaux, ethniques ou religieux sont assez courantes que ce soit à l’embauche, dans la recherche de logementsmême sociaux, à l’entrée des boites, au restaurantPrésent absolument partout  etcette liste est non exhaustive car je pourrais continuer des pages comme ça mais à quoi bon ? officiellement on ne voit pas les couleurs, le racisme systémique n’est qu’une vue de l’esprit, tout va bien au royaume France.

Cousin chelou : un talentueux dans le côté obscur

Quand tu grandis en banlieue, tu grandis au milieu de multiples personnalités et certaines vont te marquer plus que les autres. Parmi ce panel très large, on va dans cet article s’attarder sur un personnage en particulier : Le cousin chelou. On va essayer de brosser son portrait et toute ressemblance avec un personnage existant n’est pas du tout fortuite…

Tout commence pendant l’enfance, ton cousin chelou et toi, vous vous voyez les weekends. Il habite dans une cité, dès que ton père se gare tu sais que tu vas kiffer parce qu’avec ce cousin tu t’éclates toujours. Dès que t’arrives chez lui, vous parlez de foot, de dragon Ball Z et vous descendez rapidement pour « jouer dehors ». Une fois dehors tu te rends compte que ton cousin est une star dans sa cité, il connaît tout le monde, même les grands le « checkent ». Quand tu tires un peu trop fort la balle, les grands de la cité te la renvoie, sourires aux lèvres. Ils demandent parfois à ton cousin d’aller leurs prendre des canettes chez le rebeu du coin, avec le reste de la monnaie vous vous achetez des bonbons, ça vous fait une promenade.

Quelques années plusieurs tard, ton cousin est déjà en bas en train de discuter avec ses potes quand t’arrives avec tes parents. Tu passes avec tes parents devant eux mais pour lui parler faut que d’abord t’ailles claquer la bise à ton oncle et à ta tante.
Une fois revenu en bas, tu parles avec ton cousin et ses potes. Rapidement les discussions de foot dérivent sur des discussions de guerres de cité et leur géopolitique, que tu découvres. Ces cités portent toujours des noms qui, au premier abord, ne te permettent pas d’imaginer qu’il puisse y avoir des « chauds » (terme pour évoquer un baron local). La cité des Rosiers contre les gars des Doucettes, sous ces noms poétiques se cachent de farouches bagarres entre « chauds ». Mais tu sais que c’est sérieux quand ils commencent à parler de « grands » dont certains sortent des « tarpés » ou des « schlass » pour régler leurs affaires. Fini le temps de DBZ et du foot, ton cousin chelou veut maintenant faire la guerre.

Les années avancent, vous êtes au collège et ce sont les grandes vacances. Avec ton cousin vous faites les 400 coups ensemble au bled. Quand tu parles avec lui t’es largué, il est obsédé par le banditisme, il sort que des références de gangsters, parle de sa cité avec des histoires de fous qui impliquent des gars tombés pour des histoires de drogues et d’autres qui font des « go-fast ». Bon, tu connais déjà tous ces types d’histoires mais ton cousin est fasciné et te bassine avec. Ces vacances représentent aussi les premières discussions sur les meufs, il a du succès auprès d’elles, et son dernier dégradé et son look de Kaïra font un malheur selon ses dires. Mais ton cousin n’a pas le temps pour le love, donc il revient rapidement sur ces histoires de cité.

Les années passent, t’es au lycée, les embrouilles de darons ont refroidi les relations inter-familiales donc , tu ne le revois que rarement lors des mariages. Tu as des nouvelles lointaines le concernant, il aurait déjà fait de la GAV pour des vols de jeux dans un magasin et parce qu’il s’est tapé avec des gars d’autres cités. Quand tu le vois aux mariages, le gars est toujours aussi sympa, porte toujours un costume classe et a toujours la coupe qui tue. Quand vous voulez parler, il te dit souvent « restes sérieux cousin ! » ou « toi au moins t’es une tête ». Car il s’est assagi, du moins comprend la portée de ce qu’il fait, et a subi toutes les comparaisons que sa mère peut faire en te prenant comme exemple. Toi ? Un exemple ? Ça te fait rire, lui moins, il n’a pas de rancœur mais ça le fait chier. Puis tu lui expliques que toi aussi tu essaies de vivre ta vie en étant un peu rebelle mais lui te parle de vente de barrettes, niveau rébellion tu sais que t’as totalement perdu. Cousin chelou te fascine dans sa désinvolture, il vit sa vie pour kiffer avec ses potes de sa cité. Il va se mettre à bicrave parce qu’il veut se payer les dernières paires de requin et le survêt Nike qui déchirent.

La période lycée passé, t’es à la fac et là tu ne le vois plus du tout. Tu as des nouvelles par le biais de ta mère. Il a pris une peine de prison pour vente de stup. Il est sorti il y a quelque temps. Tes parents reparlent avec les siens. Ils ont perdu leur boulot à la suite d’un accident de travail et sont indemnisés une misère. Ton cousin continue de s’enfoncer dans le banditisme.

Une fois tu le croises à la chicha, vous vous parlez comme-ci vous aviez continué de vous voir. Il a bien changé, ce n’est plus du tout le cousin que tu connaissais. Avec sa veste en cuir à 1000 balles et des paires à 500, tu vois tout de suite que lui ne tourne pas à la bourse. Il est avec sa meuf, tout t’indique que pour elle c’est lui l’homme de sa vie, mais pour lui, elle a autant de longévité que le charbon qui brûle sur la tête de la chicha. Votre discussion t’amène vers plein d’horizons, il a renoué avec le foot, il regarde plein de matchs et connaît le jeu du bout des doigts. D’ailleurs il aime parier dessus et n’hésite jamais à te parler de ses gains réels ou fictifs ; personne n’est dupe, tu sais que c’est aussi comme ça qu’il blanchit en partie son argent.

Puis la discussion bifurque sur les films, il en a vu plein, beaucoup de films de gangsters. Il en connait un rayon sur ces films, en puriste il préfère les originaux chinois dont les films hollywoodiens ne sont que des remakes. C’est aussi un mordu de séries et il aime particulièrement The Wire. Stringer Bell, qu’il a en photo de profil sur Facebook, le fascine. Pourquoi ? Il a mis en place un cartel qui permet de réguler la distribution de dope dans les hoods, en ayant des fournisseurs « référencés » qui distribuent la même dope, que tout le monde revend dans sa zone et en pratiquant des prix régulés. En gros ton cousin vient de t’expliquer le concept de cartel que tu viens de faire en microéconomie a la fac.
Tu évoques le sujet, sans trop être insistant, de son passage en prison, et là le gars t’épate. Il a un niveau de connaissance du système juridique avec un niveau de technicité digne de tes potes qui poursuivent des études de droit.

Vous vous serez la main, tu dis au revoir à sa copine, en constatant que ton cousin s’apprête à changer de charbon. Tu sors de là et tu te poses des questions sur l’avenir de ton cousin. Tout porte à croire qu’il va reprendre la vente de produits illicites. Et dans un sens ça te laisse un sentiment de gâchis, le gars a l’air tellement futé. Il serait probablement à l’aise dans n’importe quelle fac de France. Sa place serait dans un amphithéâtre et non dans la rue. Mais son choix de vie est trop éloigné du tien, lui vit dans un court-termisme absolu et c’est parfaitement assumé. Toi tu veux réussir sur le long terme.

Mais t’as aussi vu The Wire et toi aussi tu te dis que Stringer Bell aurait pu réussir dans n’importe quel business et ton cousin c’est pareil. Cet article est dédié à tous nos cousins chelous. Les gars, ne gâchez pas vos talents car comme l’a dit un jour l’un des plus grands gangsters de l’Histoire Américaine, Meyer Lansky, « Si c’était à refaire je referais tout légalement ». Parce qu’il était si doué, que certains disent qu’il aurait pu diriger Général Motors, toi aussi cousin chelou t’as ce potentiel, ne le gâche pas.