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Stargate SG1 une analogie de notre monde - Les Kameleons

Stargate SG1 une analogie de notre monde

Nous avons tous entendu parler au moins une fois de Stargate SG1 ! Les aventures de la fameuse équipe du Colonel Jack O’Neill, avec deux « l » (petit clin d’œil aux fans) avec : le Docteur Daniel Jackson déjà présent dans le film de Roland Emmerich (sorti en 1994, à son apogée à l’époque avec Independence Day);  le Capitaine, Major, puis Lieutenant-Colonel Samantha Carter (faut pas oublier Docteur en astrophysique) et son entrée « fracassante », dans la salle de briefing bondée de testostérone de beaufs de l’armée de l’air américaine; et enfin le dernier personnage, le mec le plus badass de la Terre ou devrais-je dire de la planète Chulak (les vrais comprendront), le fameux Teal’c, le seul noir de la bande pour respecter les quotas des minorités. En dehors de ces clichés, la série met en exergue les enjeux actuels et passé de notre propre planète via une analogie de la géopolitique spatiale, autrement dit la « spatiopolitique » ainsi que le complexe de l’homme blanc.

« Et le fait que mes organes de reproduction soient situés à l’intérieur de mon corps, ne veut pas dire que je vous suis inférieure mon Colonel »  Samantha Carter #balancetonporc Episode 1, Saison 1

La conquête des étoiles : exploration et spoliation

Dès les premières minutes de la série, nous comprenons très vite que les Goa’ulds ne sont pas les mecs les plus cool de l’espace. Leurs objectifs sont assez limités ! Des méchants se faisant passer pour les dieux de la mythologie terrienne prennent les humains depuis la Terre, berceau des humains de la galaxie selon la légende Jaffa, pour les réduire en esclavage sur de nombreuses planètes de la voie lactée afin d’extraire le fameux « Naquadah » – l’uranium de l’espace – base de leur technologie dans l’optique d’asseoir leur dominance par la force et la conquête. Scénario de base très manichéen, mais représente tout de même les six derniers siècles de notre Histoire ! Déjà pas besoin d’être perspicace pour faire le lien avec l’esclavage des noirs : population d’Afrique, berceau de l’humanité, transportée en Amérique pour en exploiter les ressources et conquérir ce nouveau continent. Bien qu’à cette période « ils n’avaient pas d’âme », dans des cas bien particuliers, des noirs sont entrés dans l’Histoire en atteignant des sommets tout comme Abraham Hannibal, un moment Général en Chef d’armée de l’empire russe, ou encore Yasuke, premier étranger à devenir samouraï.

Les Goa’ulds arrivèrent sur Terre à la recherche d’un nouvel itinéraire dans la galaxie après une période de déclin de leur espèce. L’Europe, durant le Moyen-Age, est également à l’agonie suite à la guerre de Cent Ans, la Reconquista et la peste noire, mais s’en remet à la fin du XVème siècle annonçant le début des explorations à l’arrivée de la Renaissance. Ce renouveau qu’il soit pour les Goa’ulds ou les Européens marque une course à la conquête de nouveaux territoires. C’est le principal point en commun de ces deux espèces : explorer et conquérir.

Puis vint la révolte des esclaves. Nombreux sont les peuples de la galaxie, dont la Terre, qui ont chassé leurs dieux en scellant la porte des Étoiles : c’est le début de la décolonisation. On peut se poser alors la question de la raison qui a amené les colonisateurs, malgré leur puissance technologique a laisser faire. Bah c’est simple : la quantité de Naquadah à extraire diminue au fil des siècles et cela ne vaut donc pas le coup de mettre en branle toute la puissance pour mater 10 sauvageons dans une contrée lointaine. En effet, ça coûte cher d’envoyer des vaisseaux à l’autre bout de la galaxie en temps de guerre, car les Goa’uld se font également la guerre pour quasiment les mêmes raisons qui nous ont conduits à la Première et Deuxième Guerre mondiale. Alors leur stratégie se limita à la mise en place de chef local voué à leur cause qui envoie le peu de Naquadah restant par la porte des Étoiles sous la menace d’une attaque.

Stargate Porte des Etoiles

Découverte de la porte des Étoiles à Gizeh en 1928. Stargate, 1994 MGM

Une guerre froide des étoiles et politique d’ingérence encore d’actualité

Mais les Goa’ulds ne sont pas si cons que ça. Déjà ils sont d’accord sur le fait de se taper dessus comme des chiffonniers, mais ils sont surtout d’accord pour détruire toute civilisation qui « rivaliserait ou qui empiéterait sur l’espace Goa’uld ». Autrement dit, seuls les Goa’ulds ont le droit d’avoir des technologies au détriment des autres races. Cette politique est menée par certaines nations de notre planète à travers l’affaiblissement de puissances émergentes « n’adhérant pas aux mêmes valeurs ». L’exemple le plus probant est l’accès à l’armement de destruction massif.

Les puissances ayant acquis l’arme atomique ont toujours cherché à empêcher d’autres nations à avoir accès à ces armes et sont souvent l’origine de grands conflits ou ont servi de prétexte pour les déclencher. Bien que ces armes n’ont été utilisées « qu’à deux reprises », il semble improbable, et ce même pour la Corée du Nord, qu’un pays les utilise en situation de conflit. Nous sommes tous d’accord pour dire que l’arme atomique sanctuarise un territoire et les conflits actuels se résument plutôt à une bagarre de cité à base de « touche-moi si t’es chaud » – en dehors des nouvelles cyberguerres ou économiques. La loi du plus fort ne fonctionne plus avec les armes conventionnelles ce qui limite l’ingérence étrangère.

Cependant les Goa’ulds, en dépit de leur aspect belliqueux, sont capables de négocier. Dans l’épisode « Diplomatie » de la Saison 3, les Asgards (les kainris de l’espace) proposent au Colonel O’Neill de négocier un traité de non-agression avec les Goa’ulds. Lorsque j’ai vu cet épisode, je me suis dit : « Oh bordel on est balaise sa mère ». Bref, le traité proposé, ou plutôt imposé, par les Goa’ulds, consistait en l’abandon complet du programme Porte des Étoiles ainsi que le développement de technologies extraterrestres par la Terre en contrepartie d’une non-agression. En gros la Terre est devenue l’Iran de l’espace. L’Iran, isolé depuis 1979, s’est vu proposer l’arrêt des sanctions économiques en échange de l’abandon de son programme nucléaire. Ce qui, a fortiori, empêche la sanctuarisation du territoire iranien tout en ouvrant un nouveau marché pour les entreprises occidentales. Les iraniens, cependant, s’en sortent bien mieux qu’on pourrait le croire puisque son économie limitée par un plafond de verre peut enfin se développer avec comme corollaire l’accroissement de son aire d’influence suite à la chute de Saddam Hussein, à la Guerre en Syrie et la puissance du Hezbollah (mais c’est un autre sujet).

Stargate Arrivée des Goa'uld

Arrivée des Goa’uld au SGC pour négocier un traité de paix, MGM

Les Nations Unies des Étoiles

Dès la première saison de Stargate, on voit rapidement qu’en plus des Goa’ulds, d’autres civilisations peuplent notre Galaxie et, tout comme la Terre, ont formé « l’Organisation des Nations Unies des Étoiles » (ONUE). Cette « Nations-Unies », composée uniquement des quatre plus grandes races de la Galaxie (on peut parler effectivement de race ici), malgré la vingtaine recensées dans la série, ressemble plutôt au Conseil de Sécurité de l’ONU, mais sans l’ONU. Dans un premier temps il paraît évident que les forts de la galaxie, ou ceux de notre planète n’en ont rien à foutre des autres, qui constituent tout de même la majorité. Dans un second temps, que ce soit pour les Nations Unies des Etoiles ou pour l’ONU on n’a jamais compris l’intérêt ni même le rôle des deux.

Dans Stargate SG1, l’ONUE est composée des Anciens, des Asgards, des Noxs et des Furlings. Les Anciens ont disparu (plutôt effectué l’Ascension) ; les Asgards ont, tout comme les Américains, joué le rôle de gendarme de la galaxie avant de disparaître lors d’un suicide collectif (merci Raël) ; les Noxs ne se battent jamais, se contentent simplement d’occulter leurs cités ; et les Furlings sont inconnus au bataillon. En bref elle n’a servi à rien, pas même face à l’avancée des Goa’ulds ! Quid de l’ONU ? Le droit de veto des membres du Conseil de Sécurité met à mal toutes les résolutions particulièrement lorsqu’elles touchent les intérêts ou les pré-carrés de ses membres ou proches alliés (je ne mentionne pas le nom pour éviter de me retrouver dans le même cas que Dieudonné). Quand bien même le veto est utilisé, cela n’empêche pas les États membres de faire cavalier seul : Guerre Irak 2003.

Stargate Colonel O'Neill

Colonel O’Neill visitant la salle de conseil des 4 grandes races de la Galaxie MGM

Libre arbitre VS complexe de l’Homme blanc

Il existe tout de même une divergence entre la série et notre monde sur le rapport aux autres civilisations. On a tous eu en philo le fameux cours sur les civilisations où se pose la question des critères permettant de juger l’avancement d’une civilisation. Quoi qu’il en soit, cette supériorité des races ou des États s’exprime particulièrement à travers la manière dont ils voient la galaxie ou le monde. Ce qui revient particulièrement dans Stargate SG1 c’est le fait que les races, aussi avancées soient-elles d’un point de vue technologique, ne donnent jamais accès à leurs technologies aux « races inférieures », « primitives » ou « jeunes ». Dans l’épisode « les réfugiés » de la saison 1, l’équipe SG1 rencontre un peuple, les Tollans, issu de la Terre dont la technologie est l’une des plus avancées de la série. Leur chef explique le refus de sa population de partager leur technologie suite à un évènement qui est à l’origine de la destruction de leur planète. Ils ont partagé leur technologie avec une planète habitée de leur système solaire, mais les nations qui l’a composent se font fait la guerre et ont détruit leur planète ; cela a eu des répercussion sur leur propre planète.

Ce refus de partager la technologie avec la Terre, bien qu’il soit purement scénaristique – dans le cas contraire, la Terre aurait été protégée en trois épisodes – , trouve son fondement dans l’Histoire de la Galaxie. Les Asgards ont protégé les populations humaines dans la galaxie tout évitant d’interférer dans leurs croyances divines afin d’éviter de brusquer ou de perturber leur « développement naturel ». Quant aux anciens, dont les pouvoirs leur permettent d’annihiler toute la galaxie en une fraction de seconde, s’interdisent toute interaction avec les humains et prônent le libre arbitre. C’est là qu’est la différence avec notre monde !!

Durant notre histoire, chacune des conquêtes et colonisations s’est soldée par l’assimilation de la population par le conquérant avec des conséquences désastreuses pour les populations victimes. Cela s’illustre par le découpage des pays colonisés où plusieurs ethnies se retrouvent abandonnées du jour au lendemain dans un état pour lequel aucune d’entre elles ne s’y retrouve réellement. Le jeu d’acteur de ces ethnies ainsi qu’une ingérence des anciennes puissances colonisatrices ont imposé un modèle de gestion et de gouvernance du pays incompatible avec la culture locale. Il ne faut pas oublier que les démocraties occidentales sont nées après un long processus qui a marqué leur Histoire (cela ne concerne pas tous les pays). Ainsi, c’est tout un contexte local après une longue période d’instabilité que la France est arrivée à la Vème République, la plus stable et la plus longue de son histoire alors que les « démocraties » d’Afrique sont pour la plupart soit instables, avec des guerres civiles ou luttes armées, soit gouvernées d’une main de fer ; sans compter l’ingérence étrangère pour profiter des ressources.

Dans Stargate les Goa’ulds, en plus de la conquête des planètes imposent le culte de personnalité pour s’imposer dans les esprits de leurs nouvelles populations. Le Goa’uld Râ a interdit l’écriture pour ses populations de peur qu’elles développent une pensée critique et par conséquent une émancipation idéologique qui serait à l’origine d’une révolete. Aujourd’hui, c’est une conquête des esprits qui s’opère à travers le soft power des nations d’une manière culturelle, économique et/ou idéologique. J’ai particulièrement été sidéré par l’accueil de Barack Obama par les Vietnamiens lors de sa visite à Hanoï en 2016. J’ai pourtant questionné les Vietnamiens à propos de l’horreur et de l’absurdité de la guerre menée par leurs grands-parents contre les yankees bah… ils s’en battaient les reins ; pour les vietnamiens, les États-Unis sont l’image de modernité et de réussite et ils semblent avoir oublié les bombardements massifs au napalm et les cascades d’agent orange qui aujourd’hui pollue leur nourriture. La seule chose qu’on retient c’est que Barack mange un Bo Bun l’air de rien à Hanoï : softpower.

Obama

Obama dégustant, l’air de rien, un bo bun dans le vieux quartier de Hanoï

En bref Stargate SG1 est la série qui nous donne une leçon sur notre histoire et comment notre planète bleue est arrivée là. Les nombreuses analogies avec cet univers montrent bien dans quelle mesure l’histoire de la série est semblable à la nôtre et qu’on devrait s’en inspirer : principe de libre arbitre donné aux populations les « moins avancées » tout en évitant d’interférer dans leur philosophie et culture.

Ce qui est certain, c’est que l’idéologie occidentale s’est imposée aux autres à tel point qu’on l’oublie, tout comme Sarkozy lors de sa visite à Dakar où il a dit que « l’Afrique n’est pas assez entrée dans l’Histoire », l’Histoire des autres. En fait il faut juste laisser les populations évoluer selon leur propre chemin et non s’offusquer de leurs pratiques parce qu’elles sont différentes. L’Arabie Saoudite vient de donner l’autorisation aux femmes de conduire et a autorisé les l’implantation de cinémas dans leur pays après des décennies d’interdiction. L’évolution des sociétés est lente et surtout endogène.

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