Que nous prépare Dédé ?

Cologne. 27e minute, contre-attaque bleue menée par Martial en 2 contre un, et gérée comme un patron par le grand Teuton Hummels, déjà bourreau de Varane en 2014.
34e minute. Action de grande classe sublimée par ce même Martial, qui n’est pas sans rappeler la pub Nike 1998 (vous vous souvenez dans l’aéroport ?).
Deux moments plus que représentatifs de ce dont est capable l’équipe de France sous l’ère Deschamps. Alors, dans quel état d’esprit et avec quelles (in)certitudes partir à Moscou cet été ?

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C’est un fait, depuis plus de 11 ans maintenant, et la finale perdue face à l’Italie, les émotions (positives !!!) fournies par l’équipe de France se comptent sur les doigts d’une main : l’égalisation de Giroud en Espagne en 2012, le retournement de situation face à l’Ukraine en 2013, la « démonstration » en poule (oxymore footballistique) face à la Suisse en 2014… Pour le reste on repassera. Et l’Euro 2016 me direz-vous ? Il ne s’agit ni d’un oubli ni d’une volonté de se la jouer provoc comme certains chroniqueurs du PAF. Non, l’Euro n’est pas une réussite, non il n’a pas fait vibrer la France du foot. En réalité, seuls les novices (appelés communément footix) ont vécu cette compétition avec émoi, la faute à une Deschamps touch’ au mieux rigoureuse tactiquement, au pire ennuyeuse à en mourir ne pouvant être jugée que sur le tableau d’affichage. Un coach d’une autre époque en quelque sorte.

À la tête des Bleus depuis 2012, après la grève de Knysna et la piteuse image laissée par la génération 87 lors de l’Euro polonais, DD arrive dans un contexte délicat et a pour but prioritaire de redorer le blason du foot français vis-à-vis notamment du grand public qui s’en est détourné pour des sports comme le rugby ou le hand démontrant les fameuses « valeurs » du sport. Force est de constater que malgré des résultats compliqués et une qualification aux forceps pour le mondial brésilien, les bleus ressortent de la CDM 2014 avec un jeu pas forcément apprécié des footeux, mais une image plutôt rafraîchissante et un attrait retrouvé des Français pour son équipe nationale à deux ans de « son » euro. Toutefois, l’image ça va un temps mais n’oublions pas que nous parlons ici de l’équipe de France, double championne d’Europe, championne du monde, avec des joueurs ayant fait l’histoire de ce sport (Zidane et Platoche en tête) et une qualité de jeu parfois proche de la perfection, notamment sous Michel Hidalgo et son célèbre carré magique. La deuxième phase du projet Deschamps est donc d’obtenir des résultats concrets tout en démontrant une qualité de jeu plus séduisante. Malgré une finale à l’Euro, le jeu n’a guère évolué. Pis, il reste dans l’incapacité à tracer une ligne directrice à son équipe. Le problème n’est pas tant de jouer un jeu léché ou au contraire de mettre en place un bus digne des plus grandes heures du catenaccio italien.

Dans un passé récent, des équipes comme l’Italie 2016 ou l’Uruguay 2010 n’étaient pas, au sens strict du jeu, les meilleures formations. Mais avec un jeu rudimentaire, sans grande innovation et une débauche d’énergie impressionnante, elles ont réussi à gagner les cœurs, à marquer les esprits lors des compétitions qu’elles ont disputé.
Cependant de telles équipes pouvaient s’appuyer sur un matériel d’une grande fiabilité (BBC défensive pour l’Italie, Lugano – Maxi Pereira en Uruguay) sans forcément détenir des cracks confirmés dans ses rangs à l’exception de Forlan. En résumé des équipes remplies de testostérone. La question se pose alors des joueurs à disposition de DD.

La France, équipe de « feux follets »

Martial 85 M€, Dembélé 150 M€, Mbappe 180 M€, Pogba 120 M€, Coman au Bayern, Lacazette à Arsenal… Toutes les nations nous les envient, paraît-il même que nous détenons en France les meilleures pépites, nouveau mot à la mode dans le monde du football. Il est indéniable que ces joueurs ont tous quelque chose de différent, un talent pur leur permettant faire la différence à tout moment et débloquer les situations les plus délicates, comme Martial ce soir. Si l’on observe de plus près, ils ont tous comme principale qualité une faculté à éliminer leurs adversaires directs sans pour autant pouvoir poser le jeu comme seuls peuvent le faire Griezmann, Lemar ou encore celui dont on ne peut pas prononcer le nom K. B*****A. Ces profils assez communs apportent donc une limite à la volonté de créer du jeu mais comme nous l’avons dit précédemment, il faut assumer de laisser le ballon à l’adversaire tant que l’idée de jeu est cohérente. À la manière du PSG sur certains grands matchs avec la MCN, jouer en contre serait une possibilité intéressante, surtout avec les feux-follets qu’il y a devant. Encore faut-il pouvoir assumer de subir et donc avoir des tauliers en défense et au milieu de terrain.

 

C’est là que le bât blesse. À l’exception de Ngolo « Dendé » Kanté, valeur sûre du milieu des bleus et des blues mais en manque de charisme, l’effectif ne dispose pas de vrais leaders pour subir pendant des temps faibles importants sans rompre définitivement, même si la victoire miraculeuse contre l’Allemagne en 2016 s’est construite dans ce sens. Pogba n’a pas encore dépassé le stade du joueur YouTube, Matuidi malgré des débuts intéressants est retourné gentiment sur le banc bianconero avec le retour de Khedira, Rabiot et Tolisso même s’ils sont encore en progrès semblent encore trop tendre pour le niveau suprême. Idem en défense. Si la squadra Azurra a pu s’appuyer sur une défense centrale de bonhomme lors du dernier Euro avec des latéraux très percutant, l’affaire est bien moins ficelée pour nos bleus. Certes Umtiti et Varane réalisent de bonnes performances dans leurs clubs respectifs, mais les deux demeurent toujours des lieutenants de Piqué et Ramos, et n’ont toujours pas l’envergure de patrons de défense pouvant maintenir le navire à flot quand il prend des vagues. Les latéraux, poste ô combien important dans le football moderne reste le gros point noir du réservoir bleu-blanc-rouge : Jallet/Sidibé à droite et Digne/Kurzawa à gauche (en attendant pourquoi pas le retour de Benjamin Mendy) sont loin des standards mondiaux et ne permettent pas d’utiliser les côtés de manière optimale pour alimenter Giroud devant.

Malgré cela, la France a toujours la possibilité de réussir son mondial, de marquer de son empreinte cette compétition, encore faut-il définir ce que sera une coupe du monde réussie ? Que dira-t-on si la France sort en demi-finale avec des matchs bidons type France-Nigéria ? A contrario, si elle est sortie en quart avec une émotion transmise au public à la manière de l’Algérie face à l’Allemagne en 2014, pourra-t-on dire que le tournoi sera raté ? Les bleus doivent jouer leur va-tout, il est trop tard, après 6 ans de travail, pour tenter de mettre en place un schéma pseudo sophistiqué. Il sera très compliqué de gagner la coupe du monde, voire impossible. Il ne faut pas avoir peur de le dire car la peur de passer pour un rabat-joie ou d’être ridicule (cf. jurisprudence Aimé Jacquet/ L’équipe en 98) laisse au contraire la place à une trop grande enflammade dans beaucoup de médias. Typiquement, une victoire ce soir aurait fait passer la France au rang de favoris dans le panel médiatique français. A contrario, il ne faut pas non plus jouer les extincteurs chroniques et ne pas croire en cette équipe. Avec les talents présents devant, la France se doit d’essayer d’emballer les matchs et non de la jouer petit bras en « gérant » et en espérant un coup du sort qui n’arrive probablement jamais dans les matchs couperets. À la manière de la Russie à l’euro 2008, ou du Chili en 2014, la France peut être l’équipe frisson, l’équipe sensation de cette coupe du monde et créer une vraie émulation autour d’elle, même si cela ne ressemble pas à son coach et son pragmatisme limite maladif. Alors DD, lâche les chevaux, montre-nous tes dents, et fais-nous enfin kiffer !

 

Batman est il juste un enfoiré de droite qui a besoin de consulter un psy ?

Ceux qui me connaissent ou me suivent sur les réseaux sociaux savent le culte que je voue au personnage et se demandent comment j’en suis arrivé à cette conclusion ? Bruce Wayne, le milliardaire qui une fois la nuit tombée se déguise en chauve-souris pour aller combattre le crime et niquer des mamans dans les bas fonds de Gotham City tout cela uniquement avec ses mains et l’aide de gadgets fournis par une division secrète de la Wayne Enterprise ? Parce que oui Batou n’a pas une super force ni une super vitesse, il n’est pas non plus un extraterrestre, ni à la tête d’un royaume sous marin… C’est bien un gars de chez nous tout ce qu’il y a de plus lambda, certes super riche car il a hérité de la fortune de ses parents, mais lambda. Ces derniers assassinés sous ses yeux lors d’une tentative de braquage qui a mal tourné alors qu’il n’était qu’un enfant, c’est d’ailleurs ce traumatisme qui le poussera plus tard à endosser le costume de super héros et devenir Batman.

Quel est le bilan de Batman ?

Bon je vous vois venir « De quoi il se plaint ? C’est honorable il en faudrait plus des comme lui, au moins il agit lui gneugneugneu » comme je l’ai dit plus haut Batman est immensément riche, probablement la personne la plus riche de Gotham, on peut légitimement se poser la question de savoir si avec les ressources qu’il a à sa disposition mettre des collants la nuit pour se battre lui même avec les criminels est le moyen le plus efficace pour combattre la criminalité ? Il ne fait que jouer au pompier, courir d’un incendie à un autre sans s’attaquer aux racines du problème: la criminalité de Gotham n’est que la conséquence d’un problème structurel que Bruce Wayne refuse de voir car il en fait partie. La ville semble profondément inégalitaire une élite corrompue voir mafieuse concentre entre ses mains toutes les richesses et le pouvoir, Batman devrait commencer par combattre les inégalités sociales s’il veut réellement combattre la criminalité avec sa fortune, il pourrait investir dans des programmes sur l’éducation, la santé, l’emploi, pousser à une meilleure répartition des richesses et de la représentativité des citoyens de sa ville, mais non, monsieur comme tout bon mec de droite préfère avoir une approche ultra sécuritaire aux résultats incertains.

Batman: The Dark Prince Of Charming

Là est la seconde reproche, toutes ces années à combattre le crime ont-elles fait de Gotham une ville plus sûre ? Oui et non, les petits délinquants craignent Batman qui certes ne tue jamais ses adversaires, mais il n’hésite pas à leur casser un bras ou une jambe s’il le faut. Il a aussi affaibli la pègre traditionnelle qui régnait sur la ville à ses débuts, mais la contrepartie est que Batman est devenu un aimant à emmerdes, tous les fous en ville et ailleurs veulent l’affronter. Dans Batman: The Killing Joke, le Joker ne serait qu’une des créations de Batman, la conséquence de ses actes, ce qui explique pourquoi ils sont si intimement liés. Les anciens dirigeants de la pègre ont peu à peu été remplacés par des super criminels de plus en en plus radicaux et violents. Tout ce petit monde a fini par transformer la ville en un terrain de jeu où ils se livrent des guerres personnelles contre Batman et entre eux, là ou avant la criminalité servait à obtenir des richesses ou le pouvoir, elle est devenue une fin en soi. Les habitants de Gotham sont devenus à la fois les victimes et les otages de la lubie du milliardaire Bruce Wayne.

D’où Bruce tire-t-il sa légitimité ?

Et puis la question se pose à part d’en avoir les moyens d’où tire-t-il sa légitimité d’incarner la justice et et le droit de mener sa vendetta personnelle ? Le traumatisme lié à la mort de ses parents ? Sûrement pas il n’a qu’à consulter un professionnel. Et puis a qui rend il compte de ses actes ? Personne, déjà que la police ne répond que trop rarement de ses actions dans le cas de Batman c’est carrément du fascisme, il peut briser le bras de ce type qui essayait juste de voler un sac ou carrément détruire le centre-ville de Gotham en se battant contre Double Face sans qu’il ait à répondre de ses actes.
Pour finir c’est une question qui se pose pour tous les super héros et s’il décidait de ne plus être du côté des gentils on ferait quoi ? Vous me direz Batman tout seul il y a pire, mais dans l’excellente série Batman: The Dark Knight Returns, un Bruce Wayne vieillissant s’entoure d’une milice d’anciens criminels, les mutants, convertis à sa cause qui luttent contre le crime en usant de méthodes ultras violentes. Vous voyez les dérives ? Et si pour une raison ou une autre il décidait de se servir de cette milice pour prendre le pouvoir ? À sa mort que deviendra cette milice ? Si la personne qui lui succède en tant que Btaman n’avait pas des intentions aussi pures ? Et qui vote pour le prochain Batman ? Trop de questions en suspend, si j’avais été un citoyen de Gotham je dormirais très mal.

Résumons Bruce Wayne A.K.A Batman préfère investir des millions de Dollars dans des équipements qui lui permettent de combattre le crime par épiphénomène plutôt qu’une approche globale visant à réduire les inégalités sociales dans laquelle la criminalité trouve ses origines, typiques de la droite qui n’a que la répression comme réponse. Et sans parler de toutes les dérives que cela implique ou peut impliquer.
Un adulte qui se ballade déguisé en chauve-souris, pas besoin de s’appeler Freud pour savoir que ça cache un lourd traumatisme et sans ses privilèges de quadra blanc cishet riche, on l’aurait déjà interné.
Batman est bel et bien un enfoiré de droite qui a besoin de consulter un psy, mais c’est aussi pour ça qu’on l’aime tant un peu comme le capitalisme on sait que c’est mauvais pour nous, mais on ne peut se passer d’être exploité par son patron pour acheter des choses dont on n’a pas vraiment besoin produites par d’autres personnes exploitées… Und so weiter.

Mowgli et Simba, comme Kratos, ils ont le M

Un soir de novembre, classique, la sortie du boulot, il fait nuit et il fait froid. Comme depuis trois jours, je vais prendre les transports avec du PNL dans les oreilles, mais là je vais enfin les voir en live. Il fallait donc nécessairement que j’intercale PNL dans ma playlist actuelle où Hamza et les trappeurs Future et Young thug sont au front.

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Les sneakers qu’il ne fallait pas rater en 2017

L’année 2017 a été une année bien remplie niveau sneakers. Nous avons eu droit à un florilège de collaboration en tout genre. À presque un mois de la fin d’année, il est grand temps de faire un classement des plus belles sorties de 2017.

Voici le top 10 des paires pour lesquelles tu ne regretteras aucun denier dépensé. Et au pire si tu es à court d’oseille tu pourras toujours les bicrave à prix d’or sur leboncoin ou klekt.

10. Pharrell x adidas NMD HU NERD

Cette sneaker basse designé par Pharrell Williams présente sur le upper en primeknit noir les inscriptions en 3M « Y.O.U » et « N.E.R.D » (N.E.R.D le groupe rock légendaire de Pharrell Williams, Chad Hugo et Shay Harley). Depuis le début de la collaboration entre Pharrell et Adidas en 2015, c’est sans doute la paire la mieux réussie.

9. Tyler The Creator x Converse Golf Le Fleur

La One Star, modèle iconique de Converse, s’affiche comme une nouvelle obsession de la marque. Le but est de donner un vrai aspect lifestyle à cette sneaker qui a longtemps était connotée skateur. Résultat: une one star déclinée en 3 coloris très pop que l’on retrouvera certainement aux pieds des skaters de république, mais aussi des passionnés de mode.

8. Air Max 97 OG

Nike a fêté tout au long de cette année, les 20 ans de la Air Max 97. Jusqu’a cette année la paire ne connaissait un vrai succès qu’en Italie. Le retour de cette chaussure iconique a attiré les convoitises de tous les amoureux de la basket. Et oui, à la manière de cette fille moche que tu ne calculais pas en primaire dans les 90’s, il a fallu attendre 20 ans pour qu’elle rencontre un vrai succès et soit véritablement validée par la street.

 

7. Air Jordan 1 Royal Blue

Depuis 2016 la Air Jordan 1 connaît un retour triomphal. Très convoitée par les Hypebeast et les fuccboi, on peut difficilement passer à côté de ce classique intemporel.

 

6. Vans x Patta Old School 2017

C’est sûrement une des paires de ce classement autour de laquelle il y a eu le moins de bruit cette année. À une époque où des « Sneakers Addict » plantent leurs tentes collab Quechua x Supreme devant les shops, on peut dire que c’est tant mieux. Née de la collaboration entre le célèbre shop d’Amsterdam Patta et de la marque du géant ricain que l’on présente plus Vans. Si tu as du goût et que tu kiffes le skate il te faut cette putain de paire.

5. Nike Zoom Fly SP

C’est selon moi une de plus belle réalisation de 2017. La Zoom Fly est un modèle running hyper confortable qui a vu le jour cette année. D’abord déclinée en modèle perf’ celle-ci a eu le droit à une version un peu plus sportswear avec un upper transparent. La belle s’est vue décerner prix du shape le plus fou de l’année 2017 par la rédaction des Kameleons.

4. New Balance Concept 999 Kennedy

On ne pouvait pas faire ce classement sans mettre ce classique de chez New Balance ressortie cette année durant le Complex Con en Californie de novembre dernier. Cette paire est le fruit d’une collaboration entre le shop de Boston Concept et New Balance. Cette connexion a été rondement menée par une de mes idoles Frank The Butcher, personnage plus qu’important dans le monde de la sneakers aux États-Unis. Il lead en 2011 avec grand succès ce projet en s’inspirant, d’une des grandes passions de JFK, la voile.

3. Jordan 1 x OFF WHITE

On ne présente plus Virigil Abloh, grand gourou de la mode et surtout illustre ami de la pop star  Kanye West. Cette Jordan 1, un peu déstructurée est sans doute une des plus belles réalisations de sa collection « THE TEN ».

 

2. Atmos x Nike Air Max 1 Elephant Print

Grande gagnante du Vote Back mis en place par Nike en mars 2016, la Air Max 1 Safari Atmos est  ressortie en mars 2017 à l’occasion du Air Max Day. C’est sans doute une des Air Max 1 les plus célèbres à travers le monde, le code couleur et l’elephant print en faisant une des plus belles Air Max 1 jamais sortie. Cette paire doit faire partie de ton starter pack si tu kiffes la Air Max 1 ! Sinon bah il te la faut aussi parce qu’elle est magnifique tout simplement.

1. Tom Sachs x NikeCraft Mars Yard 2.0 2017

C’est, sans aucune contestation possible, la paire qui ressort numéro 1 des sneakers  2017. Tout simplement parce qu’on atteint ici la perfection : tout y est code couleur, matériaux, shape, en bref rien qui dépasse. Sans doute un des plus beaux modèles de tous les temps. Je sais, tu dois te dire, mais « Ce negro est fucked up! » et bah pas du tout. Car premièrement, cette sneakers a été imaginée et designée par le légendaire artiste américain Tom Sachs, nous offrant ici une version 2.0 plus solide de sa première  sortie en 2012. En plus de ça, le designer a travaillé cette collaboration en s’inspirant du travail de plusieurs employés de la NASA, la paire ayant été conçue pour son ami ingénieur de la NASA Tomasso Rivellini et utilisant les matériaux airbags des astromobiles sur Mars.  Et ouai, ça claque non ? Tous ces éléments en font une paire magique. Alors si tu l’as pas cop mon gars casse ton PEL et chope là sans te poser de question.

Sneakers Tom Sachs x NikeCraft Mars Yard 2.0 2017

Le cas Benzema

Benzema dans les stades

Benzema sur le terrain c’est l’attaquant de pointe du Real Madrid, celui qui a renvoyé sur le banc tous ses concurrents directs depuis son arrivée en 2009 dans le plus grand club du monde. Il a eu pendant ces 8 dernières années à être tous les jours en compétition avec des attaquants aux talents certains et reconnus, mais à chaque fois, une constante, Benzema est titulaire au détriment des autres.

Benzema  a un registre particulier, c’est l’attaquant de pointe mobile, le joueur qui te crée des espaces, qui joue toujours dans le sens du jeu et pour le jeu. Un attaquant unique dans ce registre, celui qu’on pourrait appeler un meneur d’attaque capable de pouvoir créer le danger de manière constante dans les 30 derniers mètres du terrain.

Même si le foot n’est pas une histoire de statistiques, mais d’hommes, un rapide coup d’œil à ses chiffres et l’on voit rapidement ce qu’est Benzema au Real, c’est un joueur qui facture au minimum 25 buts et 15 passes décisives par saison.

Si on s’amuse au jeu de la combinaison de ces chiffres (comme on le fait souvent en NBA), KB9 est responsable d’une quarantaine de buts par saison pour son club.

Cette polyvalence en attaque lui vaut le sobriquet par certains journalistes de « Scottie Pippen » de Cristiano Ronaldo.

Du nom de Scottie Pippen, Poste 3 des légendaires  Chicago Bulls, un joueur hors normes qui était meneur des attaques en triangle qui ont ramené tant de succès aux Bulls des années 90.

Scottie Pippen c’était le lieutenant du meilleur sportif de l’histoire : Mickael Jordan. Benzema serait donc selon certains, le lieutenant de Cristiano Ronaldo. Mais avec trois Ligues de champions, plusieurs Liga et le statut de meilleur buteur français de l’histoire de la ligue des champions, Benzema c’est un lieutenant de luxe.

Un joueur aussi performant, qui a un registre si particulier comment se fait-il qu’aujourd’hui il ne soit pas sélectionné en équipe de France, celle de Deschamps et celle de Griezmann ?

L’équipe de France de Deschamps, c’est du Realfootball, pas de doctrine pas de fonds de jeu, de l’adaptation et du réalisme très chanceux.

Mais dans ce flou idéologique il reste des constantes, notamment les joueurs en attaque : Griezmann et Giroud. Soit un numéro 9 pivot et un 9,5 capable de joueur derrière l’attaquant et d’animer les attaques des bleus.

Durant les phases de qualification et pendant les matchs amicaux des deux dernières années, Giroud et Griezmann sont responsables de beaucoup de buts et présentent sur le terrain une complémentarité tactique.

Les observateurs à juste titre soulignent le manque de talent de Giroud et son manque d’expérience à très haut niveau, mais voilà sur le terrain, même si on est très loin de Romario-Bebetto, Raul-Morientes ou plus récemment Falcao-Mbappe, il faut l’admettre Giroud-Grizi ça marche.

La complémentarité dans le jeu d’un Benzema avec un Griezmann, semble moins évidente que celle affichée entre Griezmann et Giroud.

Griezmann c’est le patron de cette Équipe de France il a le statut de pierre angulaire de cette équipe.

Ne l’oublions pas l’équipe de France à défaut d’un jeu léché ou flamboyant a toujours eu un leader, une tête de gondole qui doit amener l’équipe en terre promise. Ainsi sans un KB9 dans l’équipe le statut de Griezmann se trouve clairement établi et faut l’admettre même si c’est moche, ça marche.

Peut-être que le Scottie Pippen qu’est Benzema, peut aussi mettre en valeur et faire briller Griezmann comme il fait briller Cristiano Ronaldo ? On peut en douter, parce que Ronaldo et Griezmann n’ont rien en commun. Donc footballistiquement, Deschamps à ses raisons de ne pas prendre Benzema, comme d’autres grands joueurs avant (Cantona, Anelka ou Ginola..) Benzema n’a peut-être pas sa place dans cette équipe de France, en effet si c’est pour être remplaçant autant qu’il ne soit pas là. Car au niveau du talent probablement que c’est le plus grand talent du football français actuel, donc autant que l’équipe de France brille sans lui et lui sans l’équipe de France.

Benzema dans la vie civile

Karim Benzema, c’est ce joueur de cité, de la banlieue lyonnaise, plus précisément de Bron. Un petit de quartier difficile, qui a réalisé le rêve de millions de gamins dans le monde, celui de devenir titulaire au Real Madrid.

C’est un gars de cité qui est resté en contact avec les gens avec qui il a grandi, pour le meilleur et pour le pire. Rester en contact avec tes potes de jeunesse c’est honorable, mais il faut prendre en considération le fait qu’eux, il ne pourront jamais autant réussir que toi surtout quand tu es titulaire au Real Madrid.

Bron c’est probablement l’archétype de la cité de banlieue, celle où toute une jeunesse se réunit dans une solidarité saine et  parfois malsaine. Malsaine quand pour rentrer dans le moule ultra capitaliste et de l’hyperconsumérisme, ces jeunes sont prêts à prendre les raccourcis les plus dangereux pour réussir tout en maintenant cet esprit collégial, celle si bien résumée par Gradur et Ixzo, par leur refrain,  « On n’est pas tout seul » donc rester en contact avec ces gens, c’est aussi continuer à côtoyer des individus qui trempent dans des affaires douteuses et continuer à suivre leurs codes, car comme tout cercle social ils ont des codes particuliers.

Parmi ces codes on retrouve une notion du patriotisme particulière, celle de se sentir tiraillé par son pays d’origine et celui dans lequel tu grandis. Ce partage à plein de raisons sociales, et ses raisons doivent être comprises avant qu’on en critique les conséquences.

Benzema, par maladresse et en étant honnête a un jour avoué à un micro d’un ancien entraîneur, qui a mis le plus grand joueur de l’histoire sur le banc, qu’il préférait rejoindre l’équipe de France au détriment de l’Algérie pour des propos qui sont nuancés, mais derrière se cache un cœur partagé entre le pays de ses origines et le pays dans lequel il a grandi. Il se sent tiraillé comme toute une génération. Celle qui pendant longtemps a eu à affronter une pression médiatique constante envers le milieu social dans lequel elle a grandi.

Un milieu qui est montré du doigt, car à leurs yeux, il ne s’intègre pas assez, mais les médias omettent délibérément de parler de l’écrasante majorité de ces Français de banlieue, qui se sentent Français à leur manière.Je parle de ces individus qu’on peut appeler des caméléons capables de se fondre dans n’importe quel milieu, parce que c’est dans leur éducation et dans leurs gènes civiques.

Même si Benzema n’exprime pas par pudeur, son amour infini pour les textes de Voltaire, ou pour la blanquette de veau hallal.

Le procès qui lui est fait pour son manque de patriotisme est injuste. C’est vrai, Benzema ce n’est pas le plus expansif sur le terrain, mais il fut une époque, on reprochait à Fred, attaquant de l’OL de ne pas avoir le regard de tueur, mais quand c’est Benzema qui l’a, on parle de condescendance, peut-être une belle manière d’expliquer la géométrie variable à nos petits frères.

Bon, parlons du pire maintenant, cette sombre histoire de Sex-Tape, celle qui a fait office de goutte d’eau qui fait déborder le vase. Globalement il faut l’admettre dans cette affaire Benzema est complètement maladroit voir stupide.  Mais laissons la justice faire son travail, et usons de la présomption d’innocence.

Cette présomption d’innocence clamée haut et fort par les médias, lorsque les affaires touchent à ceux qui nous dirigent. Ces personnes qui ont un devoir d’exemplarité plus important qu’un footballeur de Bron.

Mais voilà, les médias préfèrent parler de ces gens quand c’est utile, pour vendre, faire élire leurs favoris et les laisser ensuite dans une grande tranquillité.

Benzema cristallise des passions, beaucoup sont insensés, mais à la fin, c’est un grand joueur, qui comme tout le monde a commis des erreurs, là où la rédemption est permises à d’autres, lui en est exempt, elle est là aussi l’injustice.

Donc « Didier la victoire », toi qui a connu sur les terrains les plus grands trequartista de l’histoire, mais qui ne veut pas prendre l’un des derniers de cette caste sacrée de joueur exprimes clairement ton choix pour qu’enfin on arrête de se passionner pour le retour éventuel de KB9 et qu’on puisse être tous derrière la bande à Grizi.